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Gros mots, petits sabots

Frédéric Gonseth et Catherine Azad

 

 

Prix : 20 €.
Type : Film.
Durée : 88 mn.
Auteurs : Frédéric Gonseth et Catherine Azad.
Nature : DVD.
Qualité : pressé.


Présentation :

Road movie pédestre sur l’autorité, la violence et la complicité entre les humains et les animaux, "Gros mots, petits sabots" est le récit d’une randonnée de 4 jeunes pensionnaires d’un foyer suisse pour enfants difficiles confrontés chacun à la délicate tâche de s’entendre avec un cheval.

À l’origine, l’intention était de permettre à des adolescents en rupture avec la société, dont les rapports aux autres sont dénaturés par une violence grandissante, d’expérimenter l’apprentissage du rapport au cheval, fondé sur la confiance et la communication.

Il se trouve qu'en appliquant aux rapports humains les valeurs qui inspirent les nouvelles méthodes d’approche des chevaux, connues sous le terme de "chuchoteurs", on ouvre peut-être une voie pour sortir du cercle vicieux de la violence.


Note du réalisateur Frédéric Gonseth :

À la suite de la réalisation de films sur des “redresseurs” de chevaux “délinquants”, qui parviennent généralement en quelques semaines à les métamorphoser en animaux très approchables, nous avons eu l’idée de réunir des jeunes adolescents rejetés par le système scolaire et de les confronter avec des chevaux durant quelques jours.

Nous avons approché le Home-Chez-Nous, un internat scolaire dont le rôle est d’offrir un cadre de vie et d’éducation à des jeunes mineurs et qui a pour tradition d’organiser un camp de marche chaque année.

Nous avons soumis à ses dirigeants l’idée d’apporter un supplément inédit à leur semaine de marche traditionnelle, sous la forme d’un cheval pour chaque jeune et chaque éducateur et d’offrir à chacun, au cours de la randonnée, l’occasion d’apprendre, sous la direction d’un "chuchoteur", à communiquer avec le cheval. En échange, nous aurions l’autorisation de filmer cette “ expérience ”.

Nous avons travaillé avec quatre adolescents, de 13 à 18 ans, écartés du système scolaire pour leur “violence”, et avec deux de leurs éducateurs. Ces jeunes pensionnaires du Home-Chez-Nous au Mont-sur-Lausanne ont participé à une semaine de randonnée dans les magnifiques paysages de l’Emmental.

Encadrés par la coréalisatrice Catherine avec sa mule Juanita, Christopher (Suisse), Adrian (Suisse), Shpejtim (Albanie) et Reis (Kosovo) ont noué des contacts exceptionnels avec leurs quatre chevaux (de même que leurs éducateurs Jean-Marie Piemontesi et Claude Bianchi).

L’un d’entre eux a été expulsé à la fin du quatrième jour. Il s’est comporté trop violemment avec les éducateurs, qu’il insulte systématiquement devant la caméra, et il a mis en danger le groupe par son rapport imprévisible et violent avec les chevaux. La semaine suivante, nous l’avons retrouvé et il nous a accordé un entretien en forme de bilan, dans lequel il regrette sincèrement d’avoir dû quitter la randonnée et reconnaît avoir “fait un peu trop le con”. Les autres protagonistes s’expriment aussi dans des entretiens personnels à deux reprises, au milieu et à la fin de la marche.

La narration suit le détour des sentiers, toujours étonnante, drôle, vivante, sur les rapports d’incivilité et de violence entretenus par les adolescents entre eux et avec les adultes.

Mais le film ne s’en tient pas à la chronique haute en couleurs d’une randonnée mouvementée : il amène les protagonistes à établir peu à peu un parallèle entre la manière d’obtenir la confiance des chevaux et celle des humains. En apprenant à “lire” le comportement des équidés, on fait d’étonnantes découvertes humaines, notamment sur la violence camouflée et sur les autres messages qui s’expriment dans le langage du corps, et que peu de gens savent interpréter.

Cela permet d’évoquer la folle dureté de notre société en manque de repères et, en même temps, de valoriser la notion d’autorité gestuelle respectueuse de l’Autre, la seule que supportent les chevaux…

Le film débouche enfin sur une bouffée d’espoir que chacun des protagonistes éprouve dans sa quête personnelle pour sortir de la spirale d’agressions dégradantes ou de soumissions humiliantes.

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